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Avignon Off : Tous sur le même bateau !

Pour sa conférence de presse d'avant-festival, AF&C (Avignon Festival et Compagnies), qui gère le Off, a invité la presse pour une petite croisière sur le Rhône, à bord du Mireio. Le Off lève l'ancre. Embarquement immédiat.

Tous sur le même bateau. L'idée est somme toute originale : à un mois du lancement du plus grand festival de théâtre au monde (si, si !), AF&C (Avignon Festival et Compagnies), qui gère le Off, a invité la presse pour une petite croisière sur le Rhône, à bord du Mireio. Une première. Au-delà, on comprend le message : qu'on se le dise, le Off, aujourd'hui, c'est une affaire commune où tout le monde doit trouver sa place. Et cela concerne aussi bien les compagnies dans leur formidable multiplicité et qui foisonnent chaque année, au plus fort de l'été à Avignon (c'est un euphémisme), que les théâtres qui n'en finissent pas de se multiplier, et... le public, qui se presse, par milliers dans les ruelles du centre historique. Les "organisateurs" (appelons-les comme ça) ne s'en cachent pas. André Bénédetto en tête, le président, n'hésite pas à parler d'un festival "solidaire". Telle est d'ailleurs l'une des motivations d'AF&C, née de la volonté, faut-il le rappeler, de cinq directeurs de scènes avignonnaises (Alain Timar, Serge Barbuscia, André Benedetto, Gérard Vantaggioli et Gérard Gélas) et de l’Alfa (Association des lieux de festival en Avignon) à l’initiative de Bernard Lecorff et présidée par Greg Germain, de créer, en 2005, une "maison commune". Dans l'objectif de gérer le Off "de manière collégiale entre les compagnies, les lieux et les différents partenaires". Quarante ans après les premiers balbutiements du Off, en 1966, lorsqu’un certain André Benedetto joue sans y être invité, pendant le festival de Jean Vilar, dans son théâtre situé place des Carmes.

Après les turbulences traversées par le festival (amplifiées en 2003 par la crise des intermittents du spectacle), le Off, reconnaissons-le, est aujourd'hui apaisé. Sur la voie d'une nécessaire et légitime refondation, AF&C a mené en décembre dernier, ses premiers Etats généraux, pour "préciser son projet, valider et initier de nouvelles actions". Celles-ci seront mises en œuvre dès cet été. Six types de rencontres quotidiennes, publiques, gratuites et ouvertes à tous, associeront notamment chaque jour, journalistes, producteurs, diffuseurs, publics, compagnies et spectacles, dans la cour de l'Hôtel des monnaies [en savoir plus] . Tous sur le même bateau, on vous dit ! Sans compter la grande parade d'ouverture (le 9 juillet à 17h30 sur le cour Jean-Jaurès), le match de foot qui opposera, "en toute amitié", les artistes du Off à l'amicale des anciens footballeurs d'Avignon, le bal de clôture sur la grande place du Palais des papes et, nouveauté, le Bar du Off, de 11 heures du matin pour l'apéro à 1 heure du matin, aux allées de l'Oulle, près de la place Crillon où tout le monde pourra se retrouver autour d'un verre, pour "renforcer la relation entre artistes et public". Un état d'esprit revendiqué jusque dans le visuel de l'édition 2008 où l'on reconnaît, avec un peu d'imagination, le pistil d'une fleur auquel sont accrochés des pastilles de couleurs... Histoire d'affirmer que rassemblement et diversité sont autant d'éléments fondateurs de la richesse de la création du... plus grand théâtre du monde. C'est beau, Avignon, l'été, non ? 
Publié le 06/06/2008
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FAUSTINE. Bonjour, je voudrais réagir. Je remercies Germain d'avoir pris la défense des artistes : je trouve important de rappeler aux spectateurs à quel point il est difficile de nos jours d'exercer ce métier. Le festival reste un dernier grand moment de l'année pour espérer vendre les spectacles auprès des programmateurs. C'est aussi une chance unique de confronter son travail à un public durant plus de 15 jours consécutifs, ce qui n'est pas toujours le cas pour bon nombre de petites compagnies qui tournent difficilement. Merci Germain, et dommage pour Germaine qui ne voit pas les choses comme nous ! Bon festival à tous ! Faustine
GERMAIN. Je trouve le raisonnement de Germaine monstrueux. "je croyais que le but de l'ART était de bousculer les conventions". Quelles conventions? celle qui lui permet pour 13 euros (prix de la carte d'abonnement) de faire plaisir à ses amis sur le dos des artistes qu'elle dit aimer... A-t-elle un seul instant pensé aux artistes et aux théâtres qui peuvent légitimement se sentir floués. Quant on connaît la précarité de ces métiers.. Vous ne bousculez aucune convention chère Germaine, simplement vous spoliez de pauvres artistes. Ah! les braves gens!!!
GERMAINE. Bonjour, je viens de lire votre article sur AF&C qui malheureusement ne fait pas cas de leur nouvelle gestion des cartes du OFF, c'est-à-dire, les cartes d'abonnement qui donnent droit à une réduction de 30% sur tous les spectacles (quand les compagnies appliquent les 30%, bien entendu...). Soit, j'ai entendu dire que les cartes en question seront plastifiées avec photo d'identité ! Et puis quoi encore? Va-t-on nous demander d'avoir un numéro identifiant comme à la Sécu ?? Pourra-t-on retrouver un jour l'esprit authentique et libre du OFF ? Au lieu de ça, on contraint de plus en plus le public à subir les lois du Marché ! Parce qu'AF&C transforme le OFF en marché et le revendique. Je suis peut-être une vieille idéaliste, mais je croyais que le but de l'ART était de bousculer les conventions, je pensais que le OFF était né de cela, de la volonté d'imposer au Festival d'Avignon de Vilar des spectacles non conventionnels et de bousculer l'ordre établi... Bref, pour ma part, cela faisait des années que je profitais de ma carte OFF pendant quelques jours et que j'en faisais profiter mes amis... Cette année, je ne vois plus l'intérêt d'acheter la carte étant donné que je ne pourrais plus la prêter. D'autant que les places dites réduites atteignent de plus en plus des sommets ! Et vive la démocratisation du théâtre !!
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